Le 9 juin 2026, la NASA a levé le voile sur l'équipage qui pilotera la mission Artemis III, une étape charnière du programme lunaire américain. Contrairement à ce que son numérotation pourrait laisser croire, cette mission ne posera pas encore le pied sur la Lune : il s'agit d'un vol habité en orbite terrestre, conçu pour éprouver les systèmes qui rendront un alunissage possible dans les années à venir.
Un équipage transatlantique autour d'Orion
Quatre astronautes composent l'équipage sélectionné. Randy Bresnik, vétéran des missions à bord de la Station spatiale internationale, assumera le rôle de commandant. Frank Rubio et Andre Douglas occuperont les postes de spécialistes du système d'alunissage, une fonction inédite dans la nomenclature des missions Artemis. Et c'est Luca Parmitano, astronaute de l'Agence spatiale européenne, qui prendra place dans le siège de pilote.
Pour l'ESA, cette désignation représente une présence européenne directe dans le cockpit d'Orion. Parmitano, qui totalise plus de 366 jours dans l'espace à l'issue de ses deux séjours à bord de l'ISS, aborde ce nouveau chapitre avec une expérience opérationnelle considérable. L'entraînement de l'équipe démarre sans délai : maîtrise des systèmes de bord d'Orion, familiarisation avec les procédures d'amarrage et prise en main des équipements liés au Human Landing System.
Rendezvous et amarrage : l'enjeu central de la mission
L'objectif principal d'Artemis III est de valider les capacités de rendez-vous et d'amarrage en orbite terrestre. Ces manœuvres sont au cœur de l'architecture lunaire retenue par la NASA : le futur atterrisseur lunaire, développé par SpaceX dans le cadre du programme Human Landing System, devra en effet s'accoupler avec le vaisseau Orion en orbite lunaire avant de descendre vers la surface. Répéter ces séquences critiques en orbite terrestre, à distance raisonnable de toute intervention, constitue une précaution opérationnelle de premier ordre.
L'ESA, pour sa part, ne se contente pas de fournir un astronaute. L'agence livrera son troisième Module de service européen — dit ESM-3 — qui assure la propulsion, l'alimentation électrique et la gestion thermique du vaisseau Orion. C'est la troisième fois consécutive que les ingénieurs d'Airbus, mandatés par l'ESA, produisent ce composant essentiel pour une mission Artemis.
Une répétition générale avant l'alunissage
La mission Artemis III s'inscrit dans une logique de progression méthodique. Les missions précédentes ont permis de tester la capsule Orion sans équipage, puis avec équipage lors d'Artemis II qui a réalisé un survol lunaire. Artemis III pousse plus loin la validation en intégrant les systèmes d'alunissage dans la boucle d'entraînement, bien que le sol lunaire ne soit pas encore la destination.
Aucune date de lancement n'a été officiellement communiquée par la NASA à ce stade. La cadence du programme reste tributaire de la disponibilité du lanceur Space Launch System, des modules de service européens et de la certification du Human Landing System de SpaceX. L'équipage a désormais pour mission de se préparer à une série de démonstrations décrite comme ambitieuse, dont les détails précis seront révélés au fil des annonces officielles.


