Le 28 septembre 2026, NASA et Boeing ont tenu une conférence de presse au Centre spatial Kennedy pour présenter l'état du programme Starliner et les prochaines étapes de son développement. Au programme : des missions habitées additionnelles vers la Station spatiale internationale (ISS) et la certification d'un nouveau lanceur pour le transport d'équipage en orbite basse.

Un programme qui retrouve de la visibilité

L'administrateur de la NASA, Jared Isaacman, a fixé le ton d'entrée de jeu en rappelant que l'exploration spatiale traverse aujourd'hui une période de renouveau comparable, selon lui, aux années Apollo. Dans ce contexte, le vaisseau de Boeing doit reprendre toute sa place dans le dispositif américain de transport vers l'ISS, aux côtés du Crew Dragon de SpaceX qui assure depuis plusieurs années la continuité opérationnelle du programme Commercial Crew.

Les détails précis du nombre de missions supplémentaires n'ont pas été intégralement divulgués lors de la conférence, mais les deux partenaires ont confirmé travailler sur un calendrier structuré de rotations d'équipage. Cette annonce intervient dans un contexte où Starliner avait accumulé des retards et des interrogations techniques, notamment lors de sa première mission habitée en 2024.

Un nouveau lanceur entre dans l'équation

L'un des éléments les plus significatifs de cette annonce concerne la certification d'un nouveau lanceur pour les vols avec équipage. Si la fusée Atlas V d'United Launch Alliance (ULA) avait jusqu'ici servi de vecteur pour Starliner, son retrait programmé du service oblige Boeing et la NASA à formaliser une alternative. Les discussions autour du Vulcan Centaur de ULA — dont les certifications pour les vols humains sont encore en cours — constituent la piste la plus probable, même si la NASA n'a pas confirmé publiquement tous les détails à ce stade.

Cette transition de lanceur représente un défi non négligeable : certifier un nouveau couple vaisseau-fusée pour le transport d'astronautes exige une série d'évaluations rigoureuses, de tests de qualification et d'une validation formelle par les équipes de sécurité de l'agence spatiale américaine. La NASA a indiqué travailler en étroite collaboration avec Boeing pour que cette certification n'allonge pas les délais opérationnels du programme.

La concurrence comme moteur, la complémentarité comme objectif

Le programme Commercial Crew repose sur un principe de redondance : maintenir au moins deux vecteurs capables d'acheminer des astronautes américains vers l'ISS de façon indépendante. SpaceX, avec son Crew Dragon opérationnel depuis 2020, assure aujourd'hui l'essentiel de cette charge. La remise en service effective de Starliner permettrait à la NASA de disposer d'une véritable alternative, réduisant la dépendance à un seul fournisseur et renforçant la résilience globale du programme.

Des représentants de Boeing et de la NASA ont participé au briefing du 28 septembre, ouvert aux médias accrédités pour la mission Crew-13. Cette mission, dont le nom suggère un programme de vols habités bien avancé, illustre l'ambition d'un rythme opérationnel soutenu pour les rotations vers la station.

Le chemin reste long avant que Starliner n'atteigne la pleine maturité opérationnelle. Mais cette annonce marque un jalon dans la reconstitution de la confiance entre Boeing, la NASA et les équipes d'astronautes qui devront un jour embarquer à bord du vaisseau.