Un retour sans accroc pour quatre astronautes
Le 8 octobre 2026, la capsule Crew Dragon Freedom de SpaceX a touché l'océan Pacifique au large des côtes californiennes, mettant un terme à la mission Crew-12 de la NASA. À bord se trouvaient quatre membres d'équipage : les astronautes NASA Jessica Meir et Jack Hathaway, l'astronaute de l'ESA Sophie Adenot, et le cosmonaute Roscosmos Andrey Fedyaev. Ce dernier illustre la continuité de la coopération internationale à bord de la Station spatiale internationale, malgré les tensions géopolitiques persistantes entre les agences occidentales et Moscou.
Le quatuor avait rejoint l'ISS dans le cadre du programme Commercial Crew de la NASA, qui confie depuis 2020 le transport de ses astronautes à SpaceX. La mission Crew-12 représente une nouvelle démonstration de la maturité opérationnelle du Crew Dragon, qui enchaîne les rotations vers la station orbitale avec une régularité désormais bien établie. Les équipes de récupération en mer ont pris en charge les quatre membres d'équipage dans les minutes suivant l'amerrissage, conformément aux procédures rodées lors des précédentes missions.
Ship 42 face aux contraintes du froid extrême
À quelques milliers de kilomètres de là, sur le site de lancement de Boca Chica au Texas, le programme Starship de SpaceX suit son propre calendrier. Le vaisseau Ship 42, pressenti pour le quinzième vol d'essai intégré — désigné Flight 15 — a de nouveau été acheminé vers les installations de test de Massey's pour une nouvelle série d'épreuves cryogéniques.
Ces tests, appelés cryo proof testing, consistent à remplir les réservoirs du vaisseau de fluides à très basse température afin de vérifier l'intégrité structurelle de l'engin dans des conditions proches de celles rencontrées lors d'un vrai vol. La répétition de cette procédure sur Ship 42 suggère que SpaceX cherche à valider des paramètres spécifiques, ou qu'une anomalie mineure a nécessité une vérification complémentaire. L'entreprise n'a pas communiqué officiellement sur la nature précise de ces tests supplémentaires.
En parallèle, Ship 40, le vaisseau utilisé lors de précédentes campagnes de test, a regagné les installations principales de Boca Chica. Son retour pourrait signaler la fin de son cycle d'essais ou une remise en configuration en vue d'une future utilisation.
Deux programmes, un même acteur central
Ces deux événements illustrent l'amplitude industrielle de SpaceX en ce moment. D'un côté, l'entreprise gère en routine le transport humain vers l'ISS dans le cadre de contrats fermes avec la NASA — une activité commerciale désormais bien ancrée. De l'autre, elle poursuit le développement de Starship, le système de lancement lourd entièrement réutilisable qui doit, selon ses ambitions, propulser des êtres humains vers la Lune dans le cadre du programme Artemis, puis vers Mars à plus long terme.
La NASA reste cliente des deux programmes : elle finance les rotations Crew Dragon et a sélectionné Starship comme véhicule d'alunissage pour Artemis. Cette double dépendance envers un seul prestataire privé continue de nourrir les débats sur la souveraineté stratégique de l'agence américaine. Quoi qu'il en soit, l'automne 2026 confirme que SpaceX opère désormais sur plusieurs fronts simultanément, avec une cadence qui ne laisse guère de temps mort.


