SpaceX vers la bourse : une valorisation de 1 750 milliards de dollars

L'information a circulé dès le 4 juin : SpaceX préparerait une introduction en bourse (IPO) visant à lever au moins 75 milliards de dollars, ce qui porterait sa valorisation à plus de 1 750 milliards de dollars. Si ces chiffres se confirment, l'entreprise fondée par Elon Musk deviendrait l'une des sociétés les mieux valorisées au monde, toutes industries confondues.

Une telle opération représenterait une étape structurante pour le secteur spatial dans son ensemble. SpaceX n'est plus seulement un opérateur de lanceurs : l'entreprise gère la constellation Starlink, développe le lanceur lourd Starship, et assure une part croissante des missions habitées pour la NASA. Ouvrir son capital au grand public, c'est aussi exposer pour la première fois ses comptes à un niveau de transparence inédit.

Les modalités précises de cette IPO — calendrier, structure de l'offre, parts mises en vente — restent à ce stade incertaines. Les informations disponibles proviennent de sources proches du dossier, et SpaceX n'a pas encore publié de prospectus officiel.

Apex double sa valorisation en un seul tour de table

Le lendemain, c'est une tout autre échelle mais un signal tout aussi fort : Apex, fabricant de satellites fondé il y a quatre ans à peine, a annoncé le 5 juin une levée de fonds dépassant les 200 millions de dollars. Résultat : sa valorisation a presque doublé pour atteindre 2,3 milliards de dollars.

L'entreprise entend utiliser ces capitaux pour accroître ses capacités de production interne. Dans un marché où la demande de petits satellites se multiplie — portée notamment par les constellations en orbite basse —, la capacité à produire en volume, rapidement et à coût maîtrisé, est devenue un avantage compétitif décisif. Apex mise sur cette industrialisation pour se positionner face à d'autres acteurs du secteur comme Rocket Lab ou York Space.

Une croissance aussi rapide, de la startup à la licorne en quelques années, illustre la confiance que les fonds d'investissement placent dans le segment de la fabrication satellitaire, longtemps dominé par de grands groupes défense comme Airbus ou Northrop Grumman.

Un marché sous haute tension financière

Ces deux annonces, presque simultanées, dessinent un secteur spatial privé en pleine recomposition. D'un côté, les acteurs historiques du NewSpace arrivent à maturité et envisagent des sorties en bourse. De l'autre, une nouvelle génération de fabricants spécialisés lève des capitaux à des vitesses qui auraient semblé improbables il y a dix ans.

La prudence reste de mise : les valorisations astronomiques du secteur reposent sur des projections de croissance ambitieuses, dans un environnement réglementaire et géopolitique mouvant. Les déboires de plusieurs acteurs du NewSpace ces dernières années — entre retards de lancement, difficultés de financement et faillites — rappellent que l'espace reste une industrie à risques élevés.

Il n'empêche : l'afflux de capitaux privés dans le spatial n'a jamais été aussi soutenu. La question n'est plus de savoir si le marché est viable, mais jusqu'où il peut croître — et qui saura traverser la prochaine correction sans turbulences.