Stickney, la blessure de Phobos
Chaque jour, le programme Astronomy Picture of the Day (APOD) de la NASA met en lumière une image du cosmos choisie par des astronomes professionnels. Le 9 octobre 2026, c'est le cratère Stickney qui occupait le devant de la scène — une formation d'impact massive qui marque profondément la surface de Phobos, le plus grand des deux satellites naturels de Mars.
Avec un diamètre d'environ 9 kilomètres, Stickney représente une cicatrice colossale sur un corps céleste qui ne mesure lui-même qu'une vingtaine de kilomètres dans sa plus grande dimension. L'impact qui a créé ce cratère aurait failli pulvériser Phobos tout entier : les modèles physiques suggèrent que la lune a frôlé la désintégration. Des stries caractéristiques rayonnent depuis le bord du cratère, témoins des contraintes mécaniques subies lors de la collision.
Phobos est une cible scientifique de premier plan. La mission MMX (Martian Moons eXploration) de la JAXA, en cours de développement, prévoit de se poser à sa surface et de rapporter des échantillons sur Terre à l'horizon 2031. La compréhension de la structure interne de Phobos — notamment la question de savoir s'il s'agit d'un astéroïde capturé ou d'un débris d'impact martien — reste ouverte.
Saturne et ses mondes en une seule image
La veille, le 8 octobre, l'APOD proposait un tout autre type de contemplation : une vue composite du système saturnien réunissant la planète, ses anneaux et plusieurs de ses lunes dans un même cadre. Une telle image, qualifiée de smörgåsbord — terme suédois évoquant un buffet généreux —, illustre la richesse extraordinaire du voisinage de Saturne.
Saturne possède aujourd'hui plus de 140 lunes officiellement confirmées, un record dans le système solaire. Parmi elles, Titan et Encelade concentrent l'attention des planétologues : la première abrite des lacs et des rivières d'hydrocarbures liquides, la seconde projette des panaches de vapeur d'eau depuis un océan souterrain. La mission Dragonfly de la NASA, dont le lancement est prévu en 2028, se dirigera vers Titan pour y déployer un drone à voilure tournante.
Ces images composites, souvent construites à partir de données archivées de la sonde Cassini — qui a orbité autour de Saturne de 2004 à 2017 —, continuent d'alimenter la recherche scientifique des années après la fin de la mission.
L'ESA et son regard sur la Terre
En parallèle, l'Agence spatiale européenne a publié sa sélection hebdomadaire d'images pour la semaine du 5 au 9 octobre 2026. Cette rubrique régulière de l'ESA met en valeur des clichés issus de ses différentes missions : observation de la Terre via les satellites Sentinel du programme Copernicus, astronomie avec le télescope spatial Euclid, ou encore données des sondes en opération dans le système solaire.
Ces publications régulières remplissent une fonction qui dépasse le simple partage esthétique : elles ancrent l'exploration spatiale dans le quotidien du grand public et rappellent que des dizaines de satellites et de sondes travaillent en permanence à élargir notre compréhension de l'univers.
Qu'il s'agisse d'un cratère sur une lune de Mars, des anneaux d'une géante gazeuse ou d'une tempête vue depuis l'orbite, ces images posent toutes la même question fondamentale : jusqu'où notre curiosité nous mènera-t-elle ?


