Un engin dévoilé, un nom changé

La société spatiale Astrobotic, basée à Pittsburgh, a levé le voile sur son atterrisseur lunaire Griffin lors d'une présentation officielle tenue le 16 juin 2026. Conçu initialement dans le cadre du programme Commercial Lunar Payload Services (CLPS) de la NASA sous la désignation Griffin-1, l'engin a depuis été rebaptisé Moon Base II par l'agence américaine. Ce changement de nom reflète une ambition affichée : poser les premières bases d'une présence humaine durable à la surface de la Lune.

Griffin est un atterrisseur de taille significative, conçu pour déposer des charges utiles lourdes sur le sol lunaire. Parmi les instruments et équipements embarqués figurent notamment le rover VIPER (Volatiles Investigating Polar Exploration Rover) de la NASA, dont la mission principale consiste à cartographier les dépôts de glace d'eau dans les régions polaires de la Lune. Ces données sont jugées essentielles pour préparer les futures missions habitées du programme Artemis.

Direction le JPL pour les épreuves de qualification

Après ce dévoilement, l'atterrisseur doit être acheminé vers le Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA, situé à Pasadena, en Californie. C'est là que l'engin subira une batterie de tests environnementaux destinés à vérifier sa résistance aux conditions extrêmes du vol spatial : vibrations au lancement, chocs thermiques, vide, rayonnements. Ces épreuves sont incontournables pour tout engin destiné à quitter l'atmosphère terrestre et à opérer dans l'environnement hostile de l'espace cislunoaire.

Le calendrier affiché par Astrobotic et la NASA reste ambitieux. Un lancement est prévu pour la fin de l'année 2026, sans que la fenêtre précise ait encore été communiquée publiquement. Le choix du lanceur n'a pas non plus été confirmé dans les informations disponibles au moment de la publication de cet article.

CLPS, Artemis et la montée en puissance du secteur commercial

Moon Base II s'inscrit dans une stratégie plus large de la NASA, qui s'appuie sur le secteur privé pour livrer des charges utiles scientifiques et technologiques à la surface lunaire, sans avoir à développer elle-même chaque atterrisseur. Le programme CLPS a déjà connu des fortunes diverses : Astrobotic avait subi un échec lors de sa première tentative avec le petit atterrisseur Peregrine en janvier 2024, une fuite de propergol ayant compromis la mission dès les premières heures de vol.

Griffin Moon Base II représente donc une étape capitale pour l'entreprise, qui cherche à démontrer sa capacité à mener à bien une mission complexe sur la Lune. Un succès ouvrirait la voie à de nouveaux contrats et renforcerait la crédibilité du modèle commercial au cœur de la stratégie lunaire américaine. Les prochains mois, entre tests au sol et préparation au lancement, diront si Astrobotic est en mesure de tenir ce pari.