LandSpace franchit une étape décisive avec Zhuque-3
La société chinoise LandSpace a réalisé le deuxième vol de sa fusée Zhuque-3, propulsée au méthane et à l'oxygène liquide — un mélange dit methalox qui suscite un intérêt croissant dans l'industrie pour ses propriétés de stockage et ses performances spécifiques. L'événement marquant de ce vol tient en une image : le premier étage a effectué un atterrissage contrôlé réussi, confirmant la maîtrise progressive de cette manœuvre par l'équipe de LandSpace.
Ce résultat place Zhuque-3 dans une catégorie encore restreinte de lanceurs capables de récupérer leur étage propulsif. Si SpaceX a normalisé cette pratique avec ses Falcon 9 depuis 2015, le reste du secteur mondial peine encore à reproduire cette prouesse de manière opérationnelle. LandSpace devient ainsi l'un des rares acteurs non américains à démontrer cette capacité en conditions réelles de vol.
La signification industrielle va au-delà du symbole. La réutilisabilité du premier étage représente la principale levier de réduction des coûts dans le lancement orbital. Pour LandSpace, qui se positionne sur un marché commercial en pleine ébullition en Chine, consolider cette technologie est une condition préalable à toute compétitivité durable.
Stoke Space peaufine Nova avant son vol inaugural
De l'autre côté du Pacifique, la startup américaine Stoke Space poursuit sa préparation en vue du premier vol de son lanceur Nova. Les équipes ont finalisé les moteurs du premier étage et procèdent actuellement à des vérifications d'intégration entre les deux étages — les fameux fit checks — qui permettent de valider les interfaces mécaniques et fluidiques avant assemblage définitif.
Ce qui distingue Nova de la plupart de ses concurrents, c'est l'ambition affichée d'une réutilisabilité totale, premier et second étage confondus. Là où SpaceX abandonne encore le second étage de Falcon 9 à la rentrée atmosphérique, Stoke Space entend récupérer l'intégralité de son véhicule. Le second étage de Nova est conçu pour manœuvrer et revenir de manière autonome, une approche techniquement ardue qui, si elle aboutit, représenterait une rupture dans l'économie du lancement.
Stoke Space n'a pas encore communiqué de fenêtre précise pour ce premier vol, mais les jalons franchis ces dernières semaines suggèrent que l'objectif d'un débuts en 2026 reste dans le champ du possible, sans être garanti.
Un secteur en recomposition rapide
Ces deux actualités, survenues à quelques heures d'intervalle le 19 août 2026, illustrent une tendance de fond : la réutilisabilité n'est plus l'apanage exclusif de SpaceX. D'un côté, la Chine industrialise progressivement le retour du premier étage. De l'autre, une startup américaine tente de franchir un palier supplémentaire en visant la récupération complète du lanceur.
Ces trajectoires convergent vers le même objectif économique — réduire le coût par kilogramme en orbite — mais empruntent des voies distinctes, reflet de cultures industrielles et de contextes de financement très différents. La prochaine grande question est simple : qui, parmi ces nouveaux entrants, parviendra à transformer l'essai en opérations commerciales régulières ?


