Saturne sous les projecteurs et la Lune chez les Pléiades

Ce mois d'octobre place la géante aux anneaux dans une position privilégiée. Saturne atteint en effet son opposition, c'est-à-dire le moment où la Terre se trouve exactement entre elle et le Soleil. Résultat : la planète se lève à l'est au coucher du soleil, culmine en pleine nuit et reste observable durant de longues heures. C'est la meilleure fenêtre de l'année pour pointer un télescope vers ses anneaux emblématiques, actuellement bien inclinés face à nous, offrant un contraste saisissant dans l'oculaire.

La NASA souligne également un rendez-vous lunaire à ne pas manquer : au cours du mois, notre satellite naturel passera à proximité immédiate des Pléiades, l'amas ouvert aussi connu sous le nom des Sept Sœurs, dans la constellation du Taureau. Cette conjonction visuelle, bien que sans lien physique entre les deux objets, produit un tableau particulièrement frappant à l'œil nu ou aux jumelles. Notez l'heure précise de rapprochement dans votre agenda d'astronome amateur.

Les Orionides : une pluie d'étoiles héritée de la comète Halley

Chaque année en octobre, la Terre traverse le sillage de débris laissé par la comète de Halley. Ces particules, en pénétrant l'atmosphère à environ 66 kilomètres par seconde, génèrent les Orionides, l'une des pluies de météores les plus rapides du calendrier annuel. Le pic d'activité est attendu autour du 21 octobre, avec un taux pouvant atteindre une vingtaine de météores par heure dans de bonnes conditions d'observation.

Le radiant de cette pluie se situe dans la constellation d'Orion, non loin de l'étoile Betelgeuse, mais les météores peuvent traverser n'importe quelle partie du ciel. Pour maximiser ses chances, il convient de s'éloigner des zones de pollution lumineuse, de s'allonger et de laisser ses yeux s'adapter à l'obscurité pendant au moins une vingtaine de minutes. Aucun instrument n'est nécessaire : le regard suffit.

Un phénomène optique rare immortalisé dans le New Jersey

En marge des événements astronomiques du mois, la NASA a mis à l'honneur une photographie saisissante dans sa rubrique Astronomy Picture of the Day (APOD) du 4 octobre 2026. L'image, capturée dans le New Jersey, montre des arcs-en-ciel surnuméraires, un phénomène optique bien moins connu que l'arc-en-ciel classique.

Ces bandes colorées supplémentaires, qui apparaissent à l'intérieur de l'arc principal, sont le produit d'interférences lumineuses. Lorsque les gouttelettes d'eau en suspension dans l'air sont suffisamment uniformes en taille — typiquement entre 0,5 et 1 millimètre de diamètre — les rayons lumineux qui les traversent peuvent se renforcer ou s'annuler mutuellement selon leur longueur d'onde. Cela produit ces franges pastel, roses et vertes, visibles juste sous l'arc principal.

Ce type d'observation rappelle que l'atmosphère terrestre elle-même constitue un laboratoire d'optique à ciel ouvert, accessible à quiconque lève les yeux après une averse. Octobre 2026 invite donc à regarder aussi bien vers le bas des nuages que vers les profondeurs du système solaire.