Saturne au zénith et une pluie de météores à ne pas manquer

Le mois d'octobre 2026 s'annonce généreux pour quiconque lève les yeux vers le ciel nocturne. Saturne atteint son opposition ce mois-ci, ce qui signifie que la planète se retrouve alignée avec la Terre et le Soleil, la Terre occupant la position centrale. Dans cette configuration, Saturne se lève à l'est au coucher du soleil et reste visible toute la nuit. C'est le moment idéal pour l'observer à l'œil nu ou, mieux encore, avec un télescope de bonne facture : les anneaux apparaissent alors avec une netteté remarquable.

Quelques semaines plus tard, dans la nuit du 20 au 21 octobre, les Orionides atteignent leur pic d'activité. Cette pluie de météores, issue des débris laissés par la comète Halley, peut produire entre vingt et trente traînées lumineuses par heure dans de bonnes conditions d'observation — ciel dégagé, absence de pollution lumineuse et Lune peu gênante. Le radiant, c'est-à-dire le point du ciel d'où semblent provenir les météores, se situe dans la constellation d'Orion, qui monte progressivement au-dessus de l'horizon en seconde partie de nuit.

En fin de mois, un autre rendez-vous visuel attend les observateurs : la Lune s'approchera très près des Pléiades, cet amas ouvert d'étoiles également connu sous le nom des Sept Sœurs. L'événement, observable à l'œil nu ou aux jumelles, offre un contraste saisissant entre la lumière blanche de notre satellite naturel et le scintillement bleuté des étoiles jeunes de l'amas.

Curiosity se prend en photo depuis la crête Vera Rubin

Pendant que le ciel terrestre s'anime, à des dizaines de millions de kilomètres de là, le rover Curiosity de la NASA continue son exploration méthodique du mont Sharp, au cœur du cratère Gale sur Mars. La NASA a publié ce 3 octobre une image remarquable : un autoportrait du rover pris depuis la crête Vera Rubin, une formation géologique nommée en hommage à l'astrophysicienne américaine Vera Rubin, dont les travaux ont contribué à établir l'existence de la matière noire.

Ce type de cliché, souvent appelé selfie dans le jargon de la mission, est composé de dizaines de photos assemblées, prises par la caméra MAHLI fixée au bout du bras robotique du rover. Aucune des images individuelles ne montre le bras lui-même, ce qui donne l'illusion d'un cliché pris de l'extérieur. Le résultat révèle un rover légèrement poussiéreux, mais toujours opérationnel, positionné dans un paysage de roches stratifiées aux teintes ocre et grises caractéristiques de cette zone.

La crête Vera Rubin a été une étape scientifique cruciale pour Curiosity : les géologues planétaires y ont détecté des variations dans la teneur en hématite des roches, un minéral dont la présence suggère d'anciens environnements riches en eau liquide. Ces observations alimentent la compréhension de l'histoire hydrologique de Mars et de son potentiel habitabilité passée.

L'exploration continue, sur Terre et dans l'espace

Ces deux actualités, en apparence distinctes, illustrent une même réalité : la curiosité humaine ne connaît pas de saison. Qu'il s'agisse de pointer des jumelles vers les Pléiades depuis un jardin de banlieue ou d'analyser les données géochimiques transmises par un rover vieux de plus de dix ans, l'exploration prend des formes multiples. Curiosity, lancé en 2011 par la NASA, dépasse largement sa durée de mission initiale et continue de produire des données scientifiques de première valeur. Octobre 2026 rappelle que l'astronomie d'observation et la robotique spatiale sont deux faces complémentaires d'une même ambition.