Une mission de servicing orbital qui ne se fera pas
C'est une page qui se tourne pour l'une des tentatives les plus ambitieuses de servicing orbital de ces dernières années. La NASA et la startup américaine Katalyst Space ont annoncé le 19 août 2026 qu'elles renonçaient définitivement au projet de rehaussement de l'orbite du télescope spatial Swift, également connu sous sa désignation officielle de Neil Gehrels Swift Observatory. La raison invoquée est technique : des problèmes de contrôle d'attitude affectant le vaisseau LINK de Katalyst Space ont rendu l'opération irréalisable dans des conditions de sécurité acceptables.
Le contrôle d'attitude désigne la capacité d'un engin spatial à orienter et stabiliser sa position dans l'espace avec précision. Pour un vaisseau chargé d'approcher, de se coupler à un autre satellite et d'exercer une poussée pour modifier son orbite, cette maîtrise est absolument fondamentale. Sans elle, le risque de collision ou de dommages sur l'observatoire cible devient inacceptable.
Swift, un observatoire vieillissant mais toujours productif
Lancé en 2004 par la NASA, le Swift Observatory est spécialisé dans la détection et l'étude des sursauts gamma — des phénomènes parmi les plus énergétiques de l'univers observable. Après plus de vingt ans d'opérations, le télescope souffre naturellement d'une dégradation orbitale progressive. Son altitude diminue lentement sous l'effet des frottements résiduels de la haute atmosphère, ce qui menace à terme sa désorbitation non contrôlée.
C'est précisément pour prolonger sa durée de vie opérationnelle que la NASA avait conclu un accord avec Katalyst Space. L'objectif était d'utiliser le vaisseau LINK pour réaliser un reboost, c'est-à-dire une impulsion propulsive permettant de rehausser l'orbite de Swift et de lui offrir plusieurs années supplémentaires d'observation scientifique. Ce type d'opération, s'il avait réussi, aurait constitué une démonstration technologique majeure pour le secteur du servicing orbital en orbite basse.
Un revers pour le NewSpace, mais pas la fin de la collaboration
L'abandon de ce projet représente un revers notable pour Katalyst Space, jeune entreprise qui ambitionnait de s'imposer sur le marché naissant des services en orbite. Le servicing orbital — comprenant la maintenance, le ravitaillement ou le déplacement de satellites existants — est considéré comme l'un des segments à fort potentiel du NewSpace, attirant des investissements croissants et l'attention des grandes agences spatiales.
Toutefois, ni la NASA ni Katalyst Space ne semblent vouloir clore complètement leur partenariat. Selon les informations disponibles, les deux parties envisagent de poursuivre certaines activités communes, dont la nature précise n'a pas encore été rendue publique. Il pourrait s'agir d'activités de démonstration technique en conditions réelles, moins contraignantes que le rehaussement d'un observatoire scientifique en activité.
Quant à Swift, son avenir orbital reste suspendu à d'éventuelles solutions alternatives. La NASA devra décider si d'autres options — qu'elles soient techniques ou budgétaires — permettront de prolonger la vie de cet instrument scientifique irremplaçable, ou si une désorbitation planifiée s'imposera à terme.


